Petit guide pour Scrum Product Owner : Comment démarrer son product backlog partie 3/3


Dans les parties précédentes je vous ai présenté les étapes préliminaires à la création du product backlog.
Je vais maintenant vous parler des éléments du backlog à proprement dit, les « user Stories ».

Que sont les Les users stories ?
Ce sont les spécifications du projet présentées sous forme d’histoires utilisateurs qui décrivent les interactions de l’utilisateur avec le système de façon plus ou moins détaillées.

Comment se présente une user story ?
la partie principale est l’histoire elle même, je l’écris sous la forme suivante :
« En tant que ,
Je peux
Afin  »

Si on reprend notre ami Bob, on pourrait donc avoir une user story comme celle-ci :
« En tant que Bob,
Je peux Créer un compte client,
Afin de pouvoir leur louer des films »

ou bien

« En tant que Bob,
Je peux entrer une location,
Afin d’avoir une trace »

La rédaction d’une user story se doit de repondre au critères INVEST (independant, negotiable, valuable, estimable, small, testable)

  • Independant (indépendante) : Une user story se doit d’être indépendante de toutes les autres stories. En prenant cette définition à l’envers on la comprend mieux, une user story se doit de n’avoir aucune dépendance envers les autres stories, elle doit pouvoir être réalisée sans individuellement. Ce besoin découle du fait qu’à tout moment on veut pouvoir réorganiser, reprioriser le product Backlog. Si les stories ont des dépendances, cette repriorisation est limitée.
  • Negotiable (négociable): Toute story qui se trouve dans le backlog de produit, peut etre réécrite, repensée ou même supprimée à tout moment en raison de changements du marché, de modification de l’orientation de besoins techniques ou tout autre motifs valable provenant de membre de l’équipe ou des sponsors.
  • Valuable (valeur métier) : Toutes les stories se doivent de générer de la valeur pour l’utilisateur final. À cet effet, les stories techniques, bien que le fun à coder ou parfois nécessaires, n’apportent aucune valeur métier et ne devraient donc pas exister ou être incluses dans des stories régulières. On Essaiera donc de les limiter
  • Estimable : Une user story doit pouvoir être évaluée en terme de complexité par l’équipe. Si une user story ne peut être évaluée, elle ne sera jamais planifiée ni incluse dans un sprint backlog ou découpée en taches. Habituellement elle ne peut l’être lorsqu’elle manque d’informations de support, ou lorsque la description faite pas le Product Owner est insuffisante ou vague.
    Une catégorie particulière de story : Les epics ne peuvent être évaluée puisqu’elles représentent en fait un ensemble de stories, dans ce petit guide les Thèmes remplissent le même besoin. Vous pouvez toutefois les utiliser comme pense-bête.
  • Small (Petite ou de taille appropriée): Une user story doit être suffisamment petite pour permettre d’être évaluée avec le plus de précision et certitude possible. Si l’équipe évalue la complexité relativement élévée, cela démontre en général un niveau d’incertitude élevé et cela implique qu’elle devrait être découpée en plusieurs stories.
  • Testable : Garder en tête qu’une story ne peut être considérée finie sans qu’elle ait été testée avec succès. Si il n’est pas possible de tester la story due à un manque d’information, elle ne devrait surtout pas être considerée pour être incluse dans un sprint Backllog. Ceci est encore plus vrai pour les équipes intégrant les techniques XP et particulierement le TDD (développement piloté par les Tests).

Si une user story répond à tous ces critères sa place dans le product backlog est tout à fait justifiée. Il ne restera donc plus qu’a la prioriser.

En plus de l’histoire elle même, certaines informations utiles peut être ajoutées pour la définition de la story ce qui donnera comme ensemble :

  • Thème : Le théme auquel cette story est reliée. Utiliser un postit de la couleur définie dans le thème permet de rendre le backlog plus visuel.
  • Acteur : L’acteur ou personas utilisé pour rédiger la user story. La encore si c’est possible utiliser l’icone rend l’ensemble plus visuel
  • story : utilisée lorsqu’il s’agit d’une user story.
  • Description : utilisé lorsqu’il s’agit d’une story technique ou d’un bug
  • Valeur : La valeur métier, on pourra utiliser le même genre de principe que celui présenté pour les thèmes.
  • Complexité : Sera évaluée par l’équipe lors des sprint plannings ou des rencontre de travail du backlog produit (optionnelles)
  • ROI : le retour sur investissement se calcule simplement = Valeur/Complexité. C’est un indicateur intéressant pour prioriser le backlog.
  • Tests d’acceptation : permet de définir quels seraient les tests d’acceptation de la story.
  • Commentaires :
  • Apect itératif de la création et définition du product Backlog :
    Plus un élément du backlog est priorisé et donc proche d’être inclus dans un sprint plus il se doit d’être détaillé, estimable et petit.
    A contrario, tant qu’un élément du backlog est de faible priorité il nécessite moins de détail et peut rester plus vague. On va donc au fur et à mesure de la montée en priorité définir et decouper les stories en éléments plus clairs et plus petits.

    Donc, en basse priorité on pourrait retrouver « gerer les clients » qui rendu en pkus haute priorité sera decoupé en ajouter un client, modifier un client, supprimer un client …. ceci n est qu’un exemple.

    Pour l’aspect emmergence itérative, on pourra identifier les transactions centrales du système, comme dans notre exemple ce pourrait être l’écran de location de films dans lesquels tous les élements devraient être saisis manuellement, puis on creera la gestion de la bibliothèque de films et on en utilisera les données dans la location, puis la gestion des clients et on l’utilise dans les transactions de location.
    C’est ce que j’appelle un développement à itérations centrique autour des fonctionnalités majeures du système.

    Voila, j’espère que ceci vous éclaire un peu et vous permettra de vous préparer pour votre premier sprint planning.

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Petit guide pour Scrum Product Owner : Comment démarrer son product backlog partie 1/3


Lorsqu’une entreprise décide d’implanter l’agilité et plus précisément Scrum, le product owner nouvellement formé comprend que la responsabilité qui lui incombe maintenant représente tout un défi.

Il doit créer le product backlog initial et ensuite le maintenir, cet artefact sera l’essence du projet.
Mais par où commencer ?

les étapes de l’élaboration du product backlog que je vous présente ici permettront de répondre aux 3 questions suivantes :

  • Quelles seront les fonctionnalités à créer ?
  • Dans quel ordre devront-elles être livrées ?
  • À qui sont elles destinées ?

Au cours de ce guide nous retrouverons ces questions et leurs réponses.

Je me propose de montrer, pas à pas ce que doit construire le Product owner avant le premier Sprint planning d’un projet pour un nouveau produit. Je vais aussi présenter ma compréhension de projets itératifs qui émergent durant le processus Scrum.

Bien qu’il soit recommandé de faire ce travail en équipe, idéalement une équipe composée de gens du marketing, de gens de métier et de stakeholders (sponsors), fréquemment le Product owner fera le travail seul. Si il est issu du marketing les premières étapes ne devraient pas poser de problèmes particuliers.

Lorsque le travail est effectué en équipe, il n’est pas toujours évident de partir les séances de brainstorming. Dans l’article je présente une solution permettant d’éviter le syndrome de la page blanche lors de travail collaboratif. Cette même technique peut être appliquée à toutes les étapes de la création du backlog.
L’important à retenir de cette technique, est qu’il faut définir des délais suffisamment longs (sans exagérer) pour permettre de passer outre les réponses évidentes.

Avant de commencer, je propose de prendre un exemple simple : un système de gestion des locations vidéos.

Première étape : établir la vision du projet.
Il s’agit en quelques lignes de définir quel est l’objectif que le projet devra atteindre avant que le Product Owner n’en arrête le développement.
Il est important que cette vision soit acceptée et comprise de tous, elle doit faire consensus puisque l’équipe va devoir se rallier derrière le PO pour réaliser ce projet selon cet objectif.

Offrir une solution de gestion complète, incluant suivi, statistiques et facturation ainsi qu’un module de prélocation en ligne et d’analyse statistique pour les vidéoclubs
Bien que cela puisse paraitre simple il n’est pas évident d’obtenir de la part des sponsors l’information permettant l’élaboration de cette vision, cela nécessitera bien des rencontres.

Deuxième étape : lister les acteurs / personas.
Il va falloir identifier puis détailler tous les intervenants, utilisateurs du système dans tous ses aspects.
Pour chaque intervenant on voudra préciser les informations suivantes :

  • Surnom : donner un Surnom aux acteurs rendra plus agréable leur utilisation et il sera plus simple de s’y identifier.
  • icone / image : ajouter une représentation graphique de l’acteur rend l’identification encore plus facile.
  • rôle : c’est en fait une description courte souvent juste un mot ou nom commun
  • description : on décrit pourquoi et/ou comment cet acteur utilisera le système
  • critères de satisfaction : ce qui rendra cet acteur satisfait de l’utilisation qu’il fait du système
  • valeur commerciale : élevée, moyenne, basse, bloquante (les autres acteurs ne pourront utiliser le système)
  • fréquence d’utilisation : permanente, quotidienne, occasionnelle, rare
  • nombre d’instances : combien d’intervenants comme celui-ci utiliseront le système. 1, 10, 100+
  • niveau de connaissance technologique : élevée, moyenne, basse
  • niveau de connaissance métier : élevée, moyenne, basse

Je réaliserai seulement deux exemples ici :

  • Bob
  • une image de bonhomme
  • Commis à la location de vidéo
  • Bob utiliser le système pour enregistrer les locations de vidéos, ainsi que les retours de location
  • Comme Bob utilise le système en présence de clients qui attendent, Bob veut que le système soit rapide et facile à utiliser, une ergonomie limitant les clicks sera désirée
  • Élevée
  • Permanente
  • 10 par installation
  • Moyenne (souvent des jeunes à ce poste)
  • Élevée

Exemple de personas.

  • Caroline
  • une image de femme
  • Administratrice systéme
  • Caroline aura la responsabilité d’installer et de configurer et de supporter le système au niveau technique
  • Caroline désire une installation sans soucis, une configuration souple et simple à la fois et avant tout un logiciel fiable libre de crash
  • Bloquante
  • Rare
  • 1 par installation
  • Élevée
  • Basse

En créant les personas nous créons les éléments de réponse à la troisième question : À qui sont elles destinées ?

Dans la prochaine partie je vous parlerai des Thèmes/fonctionnalités et de la vision de release.