Durée des sprints : deux, trois ou quatre semaines ?


Je vois souvent des équipes qui se demandent quelle devrait être la durée de leurs sprints ? Deux, trois ou quatre semaines ?
En fait pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre quelles sont les differentes variables qui influencent ce choix.

Première variable : la taille de l’équipe.
On le sait, les équipes scrum doivent être constituées de 3 à 9 membres. On parle tout de même d’un ratio du simple au triple.
Des équipes de 3 personnes ont évidemment une capacité de développement moindre, partant de cette idée, des sprints courts ne permettront pas suffisament d’ajout de valeur, les sponsors (stakeholders) risquent de perdre interet pour les sprint review.
À l’opposé, de grosses équipes utilisant des sprints longs, vont produire beaucoup de valeur à chaque sprint et necessiter beaucoup de travail de plannification en amont des sprints. Il permettrons aussi moins de changements à faible coût.

Deuxième variable : l’experience de l’équipe
Si il s’agit d’une équipe qui a peu d’experience tant au niveau de l’approche agile qu’au niveau du travail collectif, des sprints plus courts entraineront une plus grande fréquence des sprint retrospective. Plus une équipe est jeune, plus les retrospectives, si elles sont bien conduites et si on applique les pistes d’améliorations que l’on y découvre, sont importantes. Elles sont l’élément principal de l’amélioration continue de l’équipe.
Pour une équipe plus aguerrie, le besoin d’amélioration est moins présent on peut donc se permettre d’étirer un peu les sprints.

Troisième variable : la disponibilité du Product Owner
Plus les sprints sont courts, plus les meetings de sprint planning, sprint review et sprint retrospective sont fréquents, bien qu’ils soient de durées proportionnelles au sprint, plus ils sont fréquents plus c’est demandant pour le po.
Un Product owner qui gererait plusieurs projets ou équipes aurait beaucoup de difficulté à tenir le rythme.
À l’opposé un po qui ne gère qu’une seule équipe pourrait trouver des sprints de 4 semaines beaucoup trop longs et manquant d’interaction.

Quatrième variable : le besoin de changement, de réactivité
Lorsque le projet nécessite une plus grande réactivité dûe à une compétition plus féroce, un domaine jeune en plein évolution, des sprints courts offriront au Product Owner la souplesse nécessaire pour assurer une grande compétitivité.

Sachant qu’il est peu recommandé de changer la durée des sprints en cours de release, avant de définir celle-ci, verifiez ces variables pour vous assurer le bon choix.